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mardi 12 mai 2020

Cinema | Recommandations cinématographiques #6

Bonjour, bonsoir à toutes et tous, j'espère que vous allez bien! Après presque deux mois, le confinement est terminé! Même si Paris me manque beaucoup (je suis actuellement à la campagne), j'ai décidé de rester seule où je suis parce que j'y vis bien, tout simplement. J'ai d'ailleurs été si occupée pendant ces "vacances obligatoires" que le dernier article cinéma que j'ai écrit remonte à cinq semaines... 

Aujourd'hui je me suis donc dit qu'il fallait que je continue de vous parler de mes coups de coeur du mois de Mars (il serait temps haha). 

Si j'ai vu les trois premiers films au cinéma, j'ai vu les deux derniers grâce à Netflix pour l'un et OCS pour l'autre. Ces deux films sont d'ailleurs les deux premiers que j'ai vu en étant confinée. Voilà voilà ^^

Au programme : 2 films américain, 1 franco-tunisien, 1 film allemand et 1 film irlandais.

03/03/2020 : Dark Waters de Todd Haynes.

Le premier film que j'ai vu de Todd Haynes était Loin du paradis (2002) avec Julianne Moore et Dennis Quaid que j'avais adoré. Puis, quelques années plus tard, j'ai découvert la mini-série Mildred Pierce (2011) avec Kate Winslet et Evan Rachel Wood et j'ai, de nouveau, été absolument comblée par l'univers du réalisateur et sa manière de filmer si bien les femmes. Ensuite est sorti Carol (2015) et je me souviens très bien qu'en sortant de la salle j'étais très agacée et plutôt très déçue. Enfin, même si Le musée des merveilles (2017) - dont je vous avais parlé ici - ne m'a pas complètement emportée, il m'a laissé un meilleur souvenir que Carol.

Quand j'ai vu la bande-annonce de Dark Waters j'ai été, comme tout le monde, assez surprise de découvrir que le film était signé Todd Haynes. Lui qui est connu pour ses histoires d'amour, ce détour par le drame historique était pour le moins déroutant.

Il doit ce virage dans le réalisme à Mark Ruffalo et à la société de production Participant qui lui ont proposé le projet, un an après que l’article de Nathaniel Rich ait été publié dans le New York Times Magazine. 

Au final, une fois le film vu, on comprend mieux pourquoi le cinéaste a été emballé par cette affaire. En effet, on retrouve ses thèmes de prédilection comme la mélancolie, le bouleversement des convenances, la détermination, la justice... 

D'autre part, ce n'est pas compliqué non plus de saisir en quoi cette histoire a aussi bien intéressé l'acteur. On ne le retrouve plus sous les traits du monstre vert (Hulk) mais sous ceux de Robert Billott, avocat de Cincinnati (toujours vivant et bien réel) et s'il s'agit notamment de "défendre les gentils et battre les méchants", ici c'est sans super pouvoirs incroyables, si ce n'est la patience. On suit ainsi cet homme sur plus de vingt ans et on l'observe, on le soutient dans son combat.

Aussi bien Ruffalo que Haynes nous prouvent qu'ils n'ont pas besoin d'artifices pour nous en mettre plein la vue et attirer toute notre attention. Personnellement, j'étais cramponnée à mon siège comme si j'attendais un tremblement de terre. Je n'ai pas décrochée une minute du spectacle qui m'étais donné de voir, subjuguée par la prouesse de l'acteur tout comme celle du réalisateur.

J'ai été déconcertée par l'humilité et l'humanité qui se dégage de ce biopic, j'ai été bouleversée par le refus du sensationnel et tous les choix de mise-en-scène en général.

Je ne m'attendais pas à être aussi impressionnée par Dark Waters et pourtant! Merci à mon amie Adèle qui m'a convaincue de me précipiter en salles avant de le rater sur grand écran.


Anecdote : Le film a été tourné en décors naturels à Cincinnati et en Virginie-Occidentale, et le plus souvent par un hiver très rigoureux. Le metteur en scène a pu filmer sur les lieux mêmes de l'action et intégrer au casting des comédiens non-professionnels recrutés sur place.

05/03/2020 : Un fils de Mehdi M. Barsaoui.

Un fils est typiquement le film que je ne serais pas aller voir par moi-même. Heureusement pour moi, j'ai été invitée par Sens Critique pour une Cinexpérience (avant-première à l'aveugle) et j'ai eu le plaisir de le découvrir avant sa sortie. 

Si l'histoire, par ces divers sujets épineux (entre autres les attentats terroristes, le don et le trafic d'organes), aurait pu aisément tomber dans les clichés, il déborde d'intelligence et de sensibilité. 

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un film d'action ou d'un thriller au budget ahurissant, c'est une histoire dont le suspens est parfaitement maintenu et dont on a du mal à sortir indemne. 

Démarrant sur une séquence joyeuse qui nous dévie d'abord avec subtilité de ce qui nous attend par la suite, le récit bascule brusquement dans le drame et quel drame! 

Brillamment écrit, Un fils est une oeuvre qui transperce par sa bravoure, sa justesse et sa véracité. Les interrogations sur la filiation (cf. le titre) et les liens du sang sont d'une pertinence rare, le politique se mêle au social, l'intime à la morale.

Par ailleurs, la sobriété de la mise-en-scène qui nous plonge au plus près des personnages à l'aide d'une caméra à l'épaule permet d'appréhender leurs émotions et de ressentir leur douleur en complète adéquation.

Enfin, on est aussi et surtout bousculés par les acteurs qui sont, eux aussi, pour beaucoup à la réussite du film. D'une part il y a Najla Ben Abdallah pour qui on ne peut s'empêcher d'avoir une grande empathie et de l'autre il y a Sami Bouajila (qui a obtenu le prix d'interprétation masculine au Festival de Venise pour son rôle) pour qui il est impossible de ne pas avoir de l'admiration. À eux deux ils forment un couple, une mère et un père, à qui l'inenvisageable va arriver.

Je suis loin d'être une spécialiste en ce qui concerne le cinéma tunisien néanmoins cette oeuvre m'a totalement bouleversée et je ne peux que vous la conseiller. 

06/03/2020 : Lara Jenkins de Jan-Ole Gerster.

En cherchant quel film je pourrais aller voir au cinéma, je tombe sur cette affiche et ce titre qui, je ne saurais l'expliquer pourquoi, m'intrigue. Ayant le sentiment que j'allais assister à un film intéressant, je n'ai pas hésité longtemps avant de sortir de chez moi.

Il faut savoir (je l'ignorais avant d'écrire cette critique) que le scénario de Lara Jenkins a été écrit par Blaz Kutin plus de dix ans avant que le film ne voit le jour. Ayant fait partie du Torino Film Lab, le script remporte un prix d’un Fonds culturel de l’Union Européenne et c'est ainsi qu'il est parvenu aux oreilles de Jan-Ole Gerster qui a demandé à le lire.

Se déroulant sur une journée complète, Lara Jenkins est une oeuvre qui, de prime abord, semble tout ce qui a de plus banale. Il s'agit cependant de retranscrire le destin d'une femme à travers divers "petits" faits qui, assemblés, donnent lieu à un récit des plus passionnant.

Passionnant par l'implication des acteurs et leur génie d'interprétation, passionnant par son soucis du détail, sa rigueur, son authenticité. 

Même si tout nous pousse à la haïr, malgré sa froideur et l'antipathie de la femme qu'elle joue, Corinna Harfouch nous déstabilise et réussit, haut la main, à nous émouvoir. C'est l'une des qualités majeures du film et notamment la raison pour laquelle je l'ai autant apprécié.

À tous les adeptes de piano ou de musique comme moi, aux querelles familiales et aux non-dits, c'est une oeuvre qu'il ne faut pas rater.

Anecdotes : 

1. À l'origine, l’histoire se passait à Ljubljana qui est la capitale de la Slovénie. Le cinéaste a décidé de déplacer l'intrigue en Allemagne.

2. L’un des films qui a inspiré le réalisateur est Sonate d’automne d’Ingmar Bergman, pour le personnage de mère pianiste et narcissique. Corinna Harfouch, qui joue Lara Jenkins, a d’ailleurs joué dans une adaptation théâtrale de ce drame. Le réalisateur raconte : « c’est en la voyant au théâtre qu’est né le désir de travailler avec elle. Elle jouait Arkadina dans La Mouette, de Tchekhov, un autre personnage de mère narcissique qui rudoie son fils. Quand j’ai lu le scénario de Lara Jenkins, deux ou trois ans plus tard, cela m’a paru évident qu’il était pour elle. Si elle avait refusé, je crois que j’aurais renoncé au film ».

17/03/2020 : Invincible d'Angelina Jolie (2014).

Deuxième long-métrage pour l'actrice-réalisatrice, Invincible est un film qui se base sur le best-seller Unbroken: A World War II Story of Survival, Resilience, and Redemption (2010) de Laura Hillenbrand, dont l'histoire retrace la vie du célèbre champion olympique et héros de guerre, Louis Zamperini.

L'élaboration de ce projet commence en 1957 lorsque les Studios Universal achètent les droits de l'histoire de Louis Zamperini dans l'espoir de pouvoir développer le projet avec Tony Curtis. Quelques années plus tard, Nicolas Cage manifeste à son tour son intérêt pour cette histoire. L'adaptation cinématographique voit enfin le jour suite au succès du livre.

Cela faisait un moment qu'Invincible était sur ma liste d'envies sur Netflix et c'est avec beaucoup d'admiration et d'enthousiasme que je vous en parle aujourd'hui. 

N'ayant ni vu la bande-annonce, ni lu le synopsis, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et j'ignorais d'ailleurs qu'il s'agissait d'une histoire vraie avant d'appuyer sur lecture. 

Immédiatement j'ai été emportée par le feu de l'action avec cette scène d'ouverture en avion et même si en termes de réalisation on reste dans quelque chose d'assez classique, je dois dire que le résultat est convaincant. Plusieurs séquences m'ont marquée et resteront bien gravées dans ma mémoire comme les 47 jours de survie au milieu de l'océan ou encore les diverses punitions sadiques attribuées au héros.

J'imagine que si le film n'avait pas été réalisé par Angelina Jolie il aurait été totalement différent et c'est sûrement grâce à sa sensibilité et son regard qu'Invincible est mémorable. 

En effet, plutôt que de choisir la facilité en reposant sur le spectaculaire de cette histoire, elle a choisit de se pencher sur les relations humaines en mettant l'accent sur des sujets comme la fraternité, la persévérance, la jalousie etc...

Enfin, pour ce qui est du casting, c'est aussi un sans fautes. Si je ne connaissais pas l'acteur principal Jack O'Connell ni l'acteur-chanteur japonais MIYAVI (qui interprète à merveille le rôle du méchant), j'étais ravie de voir regrouper Finn Wittrock (American Horror Story de Ryan Murphy), Domhnall Gleeson () et Garrett Hedlung (Sur la route de Walter Salles) qui sont trois acteurs que j'aime énormément. 

En bref, j'ai passé un bon moment devant Invincible et je le recommande à tous les amateurs de films de guerre qui n'ont pas peur de prendre le temps de vraiment s'intéresser à l'état d'esprit de ses personnages.


Anecdotes :

1. Avant que Joel et Ethan Coen ne rédigent le scénario final d'Invincible, une première version avait été écrite par William Nicholson (coscénariste de Gladiator réalisé par Ridley Scott) et Richard LaGravenese (scénariste du film Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh).

2. Angelina Jolie et son chef opérateur Roger Deakins se sont inspirés de La Colline des hommes perdus de Sydney Lumet (1965) pour proposer des scènes de tortures physiques et psychologiques les plus intenses possibles. 

3. Angelina Jolie et Louis Zamperini étaient voisins à Los Angeles. Ils se connaissaient donc déjà avant de travailler ensemble sur le projet, et l’ancien athlète avait une totale confiance en la réalisatrice : "Angelina est devenue une personne importante dans ma vie. Elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle fait et je lui fais confiance à 100 %. Je suis persuadé qu’Invincible sera un film formidable", a-t-il expliqué. 

4. Louis Zamperini aura vécu juste assez longtemps pour être la première personne à voir le film Invincible, aux côtés d'Angelina Jolie, puisqu'il est décédé le 2 juillet 2014, à l'âge de 97 ans.

19/03/2020 : Once de John Carney (2007).

J'avais le souvenir qu'après avoir vu New York Melody (Begin Again) de John Carney, mon amie Raphaëlle m'avait parlé de Once. Ce que j'ignorais c'est qu'elle avait vu la pièce à Broadway et non pas le film. 

Disponible sur OCS, j'ai décidé de le voir sans savoir de quoi il s'agissait exactement si ce n'est que ce serait un film musical. 

Tout d'abord j'ai eu très très peur parce qu'en ce qui concerne l'image on est vraiment loin d'une qualité maximale. En effet, ayant été tourné en seulement deux semaines et avec un budget minime, Once ressemble davantage à un projet étudiant destiné à être vu uniquement par les proches de ses créateurs et non pas par un large public.

Faisant jadis partie du groupe The Frames dont le leader n'est autre que Glen Hansard, l'acteur principal du film, John Carney était premièrement musicien avant de se lancer à la réalisation. Et c'est d'ailleurs à l'image des héros du films que l'équipe de Once était tout simplement composée d'une simple bande d'amis.

Cet esprit "fait maison" est au final tout ce qui fait la force de cette oeuvre. On suit cet homme et cette femme que le destin met sur le même chemin et on ne se lasse pas de les écouter chanter. Avec eux, on poursuit cette envie de se retrouver pour faire de la musique, de l'enregistrer et de la partager. 

En passant outre la photographie, ce qu'on retient de ce film c'est ce désir de créer, ce plaisir d'être ensemble et de profiter de chaque instant comme si notre vie en dépendait. 

Il y a beaucoup d'amour, de la passion évidement, de la poésie et surtout du bonheur à l'état pur. 

Cela m'a aussi donné envie de retourner à Dublin, ville de la musique live où j'avais eu le plaisir de me rendre en 2014 et dont on retrouve totalement l'ambiance accueillante dans le film.

Et si vous n'avez pas envie de chanter à votre tour en choeur avec eux (comme ma mère et moi l'avons fait pendant le générique de fin), c'est que nous n'avons vraiment pas les mêmes valeurs hahaha.

Anecdotes : 

1. Encensé par la critique, Once a gagné le prix du public au festival de Sundance. 

2. Il a été salué par Steven Spielberg, qui a déclaré : "Ce petit film m'a enthousiasmé pour le reste de l'année !". 



Sur ces mots, j'espère que cette sélection de 5 coups de coeur cinématographiques vous a plu! 

Je vous souhaite à tous une bonne fin (ou début) de journée. Quant à moi je vais aller m'installer tranquillement devant ma télé avec du popcorn pour voir (une énième fois) Harry Potter et l'Ordre du Phénix de David Yates. 


Les autres films que j'ai vu entre 1er et le 19 mars sont : On l'appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti (2016), Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes de Rodolphe Marconi (2020), Super 8 de J.J. Abrams (2011), La fille au bracelet de Stéphane Demoustier (2020), Mes jours de gloire d'Antoine de Bary (2020), Wet Season d'Anthony Chen (2020), Une sirène à Paris de Mathias Malzieu (2020), Deux de Filippo Meneghetti (2020), While We're Young de Noah Baumbach (2015) et Vanity Fair de Mira Nair (2004).

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