jeudi 29 octobre 2020

Fashion | Carry Me Home

♫ Now listening to :

Bonjour, bonsoir, j'espère que vous allez bien malgré les nouvelles d'hier. Après un printemps à être confinés, place à l'automne... 

Pour ma part, je reste positive et je vais en profiter pour continuer de travailler sur mes projets, continuer d'écrire, continuer de jouer au piano et à la guitare, continuer de regarde des films bien sûr et continuer de partager des looks sur le blog parce que le reconfinement n'est pas une raison pour ne plus s'habiller!











J'ai trouvé cette robe dans une friperie londonienne gigantesque (Beyond Retro Brick Lane) où je suis allée avec mon amie Marion - avec qui j'aurais dû être au moment où j'écris - au mois d'août 2019 (déjà!).

Quand je l'ai essayé je n'étais vraiment pas sûre de l'acheter. D'abord parce que je la trouvais courte, ensuite parce que je n'ai pas l'habitude de craquer pour des pièces de couleurs foncées et enfin parce que je la trouvais trop ceintrée, trop près de mon corps et donc trop révélatrice. 

J'avais tellement de doutes que j'ai même envoyé une photo à ma mère pour lui demander son avis. Comme elle n'a pas répondu j'ai fait confiance à mon instinct et je dois dire que Marion m'a convaincue de me faire plaisir.

Je suis très heureuse de me l'être offerte au final. Surtout qu'elle peut se porter par tous les temps. En été sans collants (comme sur les photos) ou en hiver avec des collants et un pull ou un gilet en laine.

Je me suis souvenue que j'avais cette couronne de roses rouges qui s'accorde parfaitement aux fleurs de la robe. 

Sinon j'ai choisi de porter ses sandales à talons que je vous avais déjà montré dans un article mode précédent.

Je n'ai pas grand chose à ajouter si ce n'est que je vais aller me préparer un thé et manger des cookies que j'ai fait ce matin. 

Ce sera tout pour moi, je vous embrasse et vous retrouver demain pour un article cinéma.

mardi 27 octobre 2020

Fashion | Why Do You Let Me Stay Here?


♫ Now listening to :

Bonjour, bonsoir, j'espère que vous allez bien! Bien que je sois heureuse qu'il pleuve, qu'il vente et que la température baisse de jour en jour, je dois avouer que je déteste le changement d'heure. Premièrement parce qu'après avoir connu des journées à rallonge tout l'été c'est toujours difficile de voir la nuit tomber à 18h et deuxièmement parce que je me sens constamment fatiguée et que j'ai l'impression d'être moins productive.

Alors aujourd'hui j'ai décidé de partager avec vous une tenue qui agit comme un soleil par sa couleur vive et qui, je le souhaite, égayera votre automne!








Tout comme la pièce que je vous ai montrée dans mon article mode précédent, cette robe est un modèle d'une marque inspirée par le vintage, du style des années 40-50. 

Cette marque c'est Collectif (encore une fois ceci n'est pas de la pub). Établie en l'an 2000 avec une première adresse Camden Market -là où j'ai trouvé ma robe-. Il existe désormais quatre autres magasins en Angleterre (3 à Londres et 1 à Brighton).

J'étais justement à Camden quand je suis tombée sur leur boutique. J'y ai acheté cette jolie robe à pois ainsi que d'autres modèles. Je vous avais d'ailleurs déjà montré une photo de cette robe en particulier dans un article d'août 2017.

J'ai tout de suite pensé l'accorder à cette paire d'espadrilles de chez La Manual Alpargatera (dont je vous avais parlé fin septembre) et à ses boucles d'oreilles qui rappellent la boucle de la ceinture.

Trois ans plus tard je trouve cette robe toujours aussi belle et c'est pour cette raison que je la conserve avec soin. Je regrette d'ailleurs de ne pas la porter davantage pour tout vous avouer. La raison? J'ai l'impression d'être "trop" habillée. Tout comme ces créoles que je n'ose pas mettre parce qu'elles sont "trop" voyantes (et qu'elles sont assez lourdes et tirent sur mes oreilles haha).

"Trop" est sûrement un des adverbes que je déteste le plus au monde. Bien que je ne le supporte pas, je suis moi-même victime de son utilisation envers ma manière de m'habiller. Si j'ai décidé de me remettre à partager des photos de mes looks, c'était justement pour que j'assume porter ce qui me chante, peut importe le regard et les pensées des autres. 

Quand je vois ces photos, je vois tous mes défauts néanmoins, en faisant abstraction qu'il s'agit de ma personne, je vois aussi une jeune femme épanouie, souriante et élégante. 

Mon message s'adresse autant à vous qu'à moi : votre style ne dépend que de vous et de votre confort. Alors n'hésitez plus et lâchez vous! Le trop n'existe pas.

Sur cette pensée pleine de sagesse (hahaha), je vous souhaite une bonne journée ou soirée et vous retrouve bientôt!

dimanche 25 octobre 2020

Music | Top 5 songs (September 2020)

Bonjour, bonsoir, j'espère que vous allez bien! Aujourd'hui je partage avec vous mon top 5 chansons du mois de Septembre. 

Aujourd'hui je vous propose une playlist internationale avec des morceaux allant des années 60 jusqu'à 2020. Bonne écoute à toutes et tous!

Abat-Jour - Henry Weight feat. Sophia Lauren (1964) :

Récemment j'ai vu le film Ieri, oggi, domani de Vittorio de Sica (je vous en parlerai d'ailleurs dans mon prochain article cinéma).

Cette chanson en est extraite. Depuis que je l'ai entendu, je ne m'en lasse pas. Elle me plonge tout de suite dans une ambiance particulière et me replonge dans ce film que j'ai tant aimé.

J'adore son titre improbable aussi et bien évidemment je craque totalement pour le choeur qui chante en italien.

Se mi lasci non vale - Julio Iglesias (1976) :

Alors ça : c'est MA trouvaille du mois de septembre! Vous allez peut-être (sûrement) me juger mais j'assume totalement mes goûts musicaux. 

Tout d'abord il y a cette superbe entrée en matière avec ces violons et ce rythme typique des meilleurs tubes disco et puis évidemment, la voix chaleureuse de Julio. 

Je ne connais pas encore bien la discographie du crooner latino (il faut dire qu'il a enregistré plus de 80 albums) néanmoins ce morceau m'a donné envie de m'y intéresser de plus près. 

Figli delle stelle - Alan Sorrenti (1977) :

C'est grâce à mon cousin italien que j'ai découvert cette merveille que j'ai écouté en boucle et en boucle depuis mon retour d'Italie au début du mois de septembre.

Alan Sorrenti est un chanteur et compositeur napolitain. Né d'une mère galloise, il a passé une partie de son en enfance au Pays de Galles. Il a donc aussi bien chanté en italien qu'en anglais durant sa carrière, démarrée dans les années 70.

Si son premier album était composé principalement de morceaux rock progressif/expérimental, Sorrenti a choisi de changer genre pour son deuxième album en s'orientant vers la dance

Figli delle stelle est son premier succès et je dois dire que je comprends pourquoi. Démarrant par une introduction calme au piano, ce titre nous maintient en léger suspens jusqu'à l'arrivée de cette guitare électrique accompagnée de percussions afin de nous réveiller d'un coup et de nous donner envie de nous lever pour danser.

Ce que je préfère c'est sûrement son petit cri à 2min11 qui me fait mourir de rire et que je peux remettre plusieurs fois d'affilée. 

La chanson c'est une chose, le clip s'en est une autre. Absolument chaque élément est digne d'être commenté. Que ce soit ce fond étoilé, la tenue toute blanche du chanteur, sa coupe, sa moustache, son déhanché, quand il s'accroupit (et qu'on ne sait pas vraiment ce qu'il fait), les gros plans sur son visage... = tout est magique.

Pour moi, rien d'étonnant donc que de nombreux DJs aient fait des remix du morceau au fil des ans.

Anecdote : En 1979, le réalisateur Carlo Venzina lui propose le rôle principal, Daniel, dans le film Figlio delle stelle, une comédie basée sur sa carrière de chanteur.

Eviction notice - Kojaque feat. Kean Kavanagh (2018) :


On change complètement de registre et d'époque avec ce titre de la fin des années 2010 dont je ne me souviens plus comment je l'ai découvert.


Kojaque (de son vrai nom Kevin Smith) est un artiste de Dublin de 25 ans qui, en 2018, a sorti son premier "album concept" sur la vie d'un employé de deli.


Eviction notice est typiquement le genre de morceau que j'affectionne. Premièrement pour son instru lancinante, son côté rétro, et puis son mélange de genre entre le jazz, l'électro et le R&B. 


J'aime ces voix, j'aime ce piano, j'aime la durée de la chanson (assez longue pour bien en profiter), bref je ne demande pas plus pour écouter chez moi soit en travaillant, en cuisinant ou en rangeant.


À la fois rappeur et réalisateur, Kojaque est un jeune homme qui possède plusieurs cordes à son arc et qui semble promettre encore de belles surprises. À suivre!


PS : Le 17 août dernier est sorti son nouveau single Shmelly que je vous conseille d'écouter pour découvrir sa manière de rapper.


Big Mouth - Black Sea Dahu (2020) :

C'est grâce à une pub instagram que je suis tombée sous le charme de ce titre. J'ai immédiatement été impressionnée par cette voix qu'on a du mal à savoir si elle est masculine ou féminine. 

Cette voix c'est celle d'une dénommée Janine Cathrein, chanteuse du groupe zurichois Black Sea Dahu qui ne cesse de faire parler de lui depuis la sortie de leur album White Creatures.

Je ne vous partage pas souvent des morceaux de musique folk et pourtant c'est un genre musical que j'aime beaucoup, surtout pour les saisons comme l'automne et l'hiver où les journées passées à la maison alors qu'il pleut dehors sont plus nombreuses que le reste de l'année.


Voici donc pour ce nouvel article musique. Comme toujours j'espère que je vous ai fait découvrir de nouvelles pépites! 

Tout cela m'a donné envie de jouer au piano alors, je vous laisse et vous souhaite un bon dimanche.


vendredi 23 octobre 2020

Cinema | Recommandations cinématographiques #13

Bonjour, bonsoir, j'espère que vous allez bien! Aujourd'hui je suis heureuse de partager cinq de mes derniers coups de coeur cinématographiques. D'autant plus que c'est une sélection que j'affectionne particulièrement.

Au programme : 1 film espagnol, 1 film franco-suisse, 2 films français et 1 film américain.

10/08/2020 : Eva en août de Jonas Trueba (2020).

Cinquième long-métrage pour ce cinéaste espagnol, Eva en août est une vraie pépite qui rafraichira votre été et réchauffera votre hiver. 

Se déroulant comme un dialogue entre Eva et la ville de Madrid - où elle décide de passer la première quinzaine du mois d'août - le film nous offre un double portrait, une double immersion. Ainsi on entre dans le quotidien de cette femme de 30 ans et on découvre la capitale en déambulant dans ses rues et en y rencontrant ses habitants. 

Tout comme le personnage principal, on se laisse porter par les évènements qui s'enchainent comme une feuille emportée par le vent et on ne peut pas dire que ce soit désagréable!

D'Eva on ne sait presque rien et les éléments sur son passé sont presque inexistants. C'est justement là que réside toute la prouesse du scénario. Bien qu'elle soit conçue comme un personnage du présent, le fait qu'elle soit de tous les plans nous pousse inévitablement à nous sentir proche d'elle.

L'autre caractérisation d'Eva c'est qu'elle fait parler les autres sans se révéler ou se livrer à nous. Ce sont ses contradictions qui nous charment et sa naïveté qui nous touche de plein fouet.

La séquence qui m'a le plus émue est celle où elle tombe sur son ex devant la billetterie d'un cinéma indépendant. Cela fait des mois qu'ils ne se sont pas vus, la tension mêlée à la tendresse sont présentes. Cette captation de sentiments si intenses m'a fait verser quelques larmes que je n'ai évidemment pas réussi à retenir.

Eva en août est une exploration de ce que c'est d'être une femme de nos jours. De nombreux thèmes, tous plus intéressants les uns des autres, sont développés comme la maternité, la sororité, l'indépendance.

Enfin, comme le personnage principal, ce film donne envie de redécouvrir sa ville avec un regard de touriste, prendre des photos, visiter les musées, s'installer à une terrasse, aller à un concert. Un appel à la vie, un appel à l'instant présent.

C'est un véritable coup de coeur!

11/08/2020 : Just kids de Christophe Blanc (2020).

Inspiré de sa propre vie, Just kids est le troisième long-métrage pour le cinéma réalisé par Christophe Blanc.

Ce dernier a décidé de tourner à Grenoble pour son emplacement géographique (enserrée entre les montagnes) mais notamment pour son côté emprisonnant qui permettait d'enfermer les personnages aussi bien physiquement que psychologiquement.

Traitant de la jeunesse face à la mort, ce film est émouvant sans tomber dans le cliché et sans être non plus en train de nous tirer les larmes à chaque instant.

Il y a l'histoire certes, il y a surtout ces jeunes acteurs qui prêtent leurs traits aux personnages. Bien qu'il soit une fratrie de trois, le récit se concentre essentiellement sur les deux frères : l'ainé et le benjamin, interprétés par Kacey Mottet Klein et Andrea Maggiulli. 

Si je connaissais déjà Kacey, que j'avais découvert en 2010 chez Joann Sfar dans Gainsbourg (vie héroïque) puis, plus récemment, adoré aux côtés de Virginie Efira dans Continuer de Joachim Lafosse en 2019, je n'avais jamais vu ni entendu parlé d'Andrea. Normal vous me direz, étant donné qu'il s'agissant de son premier rôle. 

Impossible de dissocier Just Kids de ces deux acteurs. Tout d'abord parce qu'ils sont aussi impressionnants l'un que l'autre et notamment parce que c'est à travers eux, leur relation, leur alchimie qu'on entre dans l'univers, le monde de ce duo improbable (pas étonnant d'ailleurs que l'affiche soit une photo d'eux deux).

On n'oubliera pas non plus de mentionner Ana Maria Bartolomei qui depuis la première fois où je l'ai vu à l'écran, ne cesse de m'éblouir. J'ai même été déçue qu'on ne la voit pas plus... En tout cas, malgré le fait qu'ils ne se ressemblent pas du tout physiquement, le trio fonctionne quand ils se retrouvent ensemble, orphelins, face au "monde des adultes" sans pitié.

L'autre détail que j'ai apprécié c'est l'idée que, la vie continue, la construction, l'apprentissage est permanent et que même le deuil n'empêche pas les heures de s'écouler, toujours au même rythme. Ainsi, quand Mathis se met à la photographie, il nous montre, par cette passion nouvelle, qu'il existe, qu'il crée et qu'il n'a pas renoncé à son enfance. 

J'ai donc été à la fois bouleversée par le scénario, par le jeu, mais aussi par la photographie que j'ai trouvé particulièrement belle. Les séquences de nuit ont été particulièrement bien travaillées. 

Il y a cette ambiance aussi et ces moments partagés où la parole laisse la place aux regards, aux gestes. C'est magnifique de voir ces garçons démunis et qui restent pourtant, forts, tenaces, décidés à ne pas baisser les bras face aux obstacles. Le silence face aux cris, le rire face aux pleurs. C'est juste beau.

Just Kids a été une vraie belle surprise pour ma part. J'ai hésité jusqu'au dernier moment d'aller le voir et, encore aujourd'hui, plus de deux mois après, il me reste toujours cette sensation d'avoir vécu une expérience enrichissante, un instant de cinéma qui restera gravé encore longtemps en moi.

Anecdotes : 
1. Le réalisateur s'est entouré d'une équipe jeune : « Je tenais à une forme de virginité, d’appétit. Donner les clés du camion à la jeunesse a enrichi le film. Un technicien installé peut avoir la tentation – je l’ai éprouvé – de vous renvoyer sans cesse au budget […]. La jeunesse a des défauts, mais pas celui-ci, pas celui de l’économie […] ».
2. Christophe Blanc joue lui-même le rôle du père, qu'on aperçoit sur des photos et dans le cauchemar de son fils Jack. Délivrant une histoire qui lui est très personnelle, le réalisateur trouvait normal de se montrer devant la caméra. Ce geste a aussi été cathartique : « Il est si difficile d’apaiser tout ça. Ce film est pour les enfants blessés, réellement blessés, celles et ceux qui l’ont été dans leur jeunesse. Il y en a beaucoup. Et ce film est fait pour dire qu’il existe un horizon ».


14/08/2020 : Madame de... de Max Ophüls (1953).

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais en janvier dernier, j'étais allée découvrir pour la première fois sur grand écran, Lola Montès, le chef d'oeuvre de Max Ophüls à l'occasion de sa ressortie en salles. Il s'avère que c'était le premier film que je voyais du réalisateur et j'avais été absolument subjuguée.

Ainsi, j'ai décidé, des mois plus tard, de voir (enfin) un autre film de lui, soit Madame de..., sorti en 1953,  deux ans avant Lola Montès

Adapté d'un roman éponyme de Louise de Vilmorin paru en 1951, Madame de... se construit autour d'un seul et même axe, ou plutôt d'un objet : une paire de boucles d'oreille. Par la même, le film a reprit cette idée. L'action évolue donc, tel un manège ou une toupie, par rapport au chemin parcouru par cet accessoire. 

Présenté comme cela on pourrait se dire qu'on a peut-être mieux à faire que dépenser 1h45 devant une fiction basée sur une histoire de boucles d'oreille. Que nenni! Vous auriez tort de passer à côté d'une telle oeuvre cinématographique.

Il est remarquable justement d'être fasciné(e) par le parcours de ce bijou, une astuce fantastique qui va permettre aux personnages de se rencontrer, se croiser, s'aimer, se quitter etc...

Parce que oui, ici il s'agit avant tout d'explorer la passion amoureuse, celle qui vous fait perdre toute votre raison, qui vous pousse à l'inimaginable, qui vous dévore, qui vous consume. 

Pour tous les amoureux des plans séquences, des scènes de bal, des décors hallucinants, des costumes majestueux, des acteurs grandioses, Madame de... est un film à voir et à revoir sans limite pour sa richesse de mise-en-scène!

Anecdote : Avant de tourner, Max Ophüls donna quelques conseils à Danielle Darrieux concernant son rôle: "Votre tâche sera dure. Vous devrez, armée de votre beauté, votre charme et votre élégance, incarner le vide absolu, l'inexistence. Vous deviendrez sur l'écran le symbole même de la futilité passagère dénuée d'intérêt. Et il faudra que les spectateurs soient épris, séduits et profondément émus par cette image."

15/08/2020 : La huitième femme de barbe bleue de Ernst Lubitsch (1938).

Cinq ans après Sérénade à trois, Lubitsch coopère pour la seconde fois avec Gary Cooper - à l'époque encore jeune premier - et ce pour notre plus grand plaisir!

À l'origine pièce de théâtre écrite par Alfred Poszanski, dit Alfred Savoir, vaudevilliste français d'origine polonaise, La huitième femme de barbe bleue de Lubitsch est la deuxième adaptation cinématographique de cette fantastique comédie (elle fut adaptée une première fois pour le cinéma muet en 1923 par Sam Wood avec Gloria Swanson).

Découvert au lycée, Ernst Lubitsch est un réalisateur que j'affectionne particulièrement mais dont je n'ai pas encore vu l'intégralité de la filmographie (étant donné la prospérité c'est plutôt compréhensible cela dit). Ayant un coffret comportant plusieurs dvds de ses films, j'ai été tentée par celui ci en particulier pour son titre.

Il faut savoir que le mythe de Barbe Bleue possède plusieurs interprétations. En France, par exemple, la version privilégiée est celle d'un mari monstrueux qui tue ses femmes les une après les autres pour les faire payer de leur curiosité jusqu'à ce qu'il soit tué à son tour pour les crimes qu'il a commis. Alors qu'à l'étranger, le personnage de Barbe Bleue a plutôt l'apparence d'un animal fabuleux. 

Ici, pas de monstre à barbe bleue repoussant mais un dénommé Michael Brandon (Gary Cooper) qui, malgré ses sept mariages - et donc sept divorces - reste plus charmant que jamais et une fille de marquis (Claudette Colbert) au caractère bien trempé pour lui faire face.

Comme un film de Lubitsch qui se respecte, le rythme ne laisse pas de place aux temps morts, le renouvellement de la source de comédie est incessant, les répliques sont cinglantes (à savoir que le scénario a été écrit par Billy Wilder, qui n'était encore qu'un exilé d'Allemagne), les costumes sont magnifiques. Bref, que des ingrédients de grande qualité pour faire la meilleure recette possible.

Il n'y a pas de doutes : cela n'a pas pris une ride et on ne peut être que divertis par une oeuvre comme celle-là. 

À voir seul(e) ou accompagné(e)!

Anecdotes :
1. À la surprise générale, alors que l'âge d'or de la comédie loufoque hollywoodienne battait son plein, le film fut un échec.
2. Barbe Bleue dans le conte de Charles Perrault est un riche gentilhomme qui ne parvient pas à trouver d'épouse à cause de sa barbe bleue qui le rend repoussant auprès des femmes. Un mystère subsiste cependant autour de la disparition de ses six épouses précédentes. Lorsqu'il finit par trouver une jeune femme qui accepte de le suivre dans son château, il lui confie une clé menant à son cabinet secret, mais lui défend de s'y rendre. Malgré ses mises en garde, elle y pénètre et découvre les cadavres des six épouses. Le psychanalyste Brunot Bettelheim note des origines scandinaves ou russes dans la genèse du personnage de Barbe Bleue. Il faut noter que les frères Grimm ont écrit une histoire similaire avec un récit appelé L'oiseau d'Ourdi. Dans le récit de Perrault comme dans celui des Grimm, une symbolique sexuelle évidente est mise en place (la clef, symbole du sexe masculin; et l'oeuf, symbole féminin), ce qui confirme bien la double-lecture sexuelle que l'on peut faire du film d'Ernst Lubitsch.
17/08/2020 : Et Dieu... créa la femme de Roger Vadim (1956).

Cela faisait des années déjà que j'avais le dvd chez moi et à priori rien ne m'empêchait de voir ce film. Et pourtant, je remettais toujours au lendemain le moment de le découvrir. À tort!

Et oui, je ne sais vraiment pourquoi, j'avais des à priori. Peut-être (sûrement) parce que jusqu'alors, je ne comprenais pas la raison pour laquelle tout le monde s'extasiait devant Brigitte Bardot. 

Maintenant j'ai compris. Bardot c'est cette insouciance, c'est cette fougue et c'est évidemment cette sensualité qui sont omniprésentes dans ce film. Dès sa première apparition - qui se fait par un plan sur ses pieds -, on n'a d'yeux que pour elle. 

Il y a sa chevelure blonde, sa garde robe aussi, sa peau bronzée... (j'ai particulièrement aimé sa robe de mariée je dois l'avouer haha).

Et puis on n'oublie pas non plus Jean-Louis Trintignant, qui même si son rôle ne le met pas forcément en valeur, prouve qu'il a un charisme évident.

Enfin, il y a la photographie d'Armand Thirard avec ces couleurs vives et la musique écrite par Paul Misraki qui participent à la joie procurée par Et Dieu... créa la femme.

J'ai adoré!

Anecdotes : 
1. 21 ans après Et Dieu... créa la femme, Roger Vadim réalisa lui-même le remake américain du film. Le film portait le même nom, mais l'histoire était un peu différente. Au casting, on trouvait notamment Rebecca De Mornay et Frank Langella.
2. La "Bardot mania" que suscita le film fut d'abord un phénomène américain avant d'être français. Passé relativement inaperçu malgré quelques manifestations vertueuses, les violentes tentatives d'interdiction outre-Atlantique attirèrent la curiosité du public américain qui en fit un véritable succès. Les instances catholiques de Lake Placid tentèrent notamment d'acheter tous les billets du cinéma exploitant et menacèrent d'excommunication quiconque verrait le film. Comme une bombe à retardement, le phénomène BB débarqua ensuite en France.


Voici donc pour mes cinq coups de coeur cinématographiques. J'espère que cela vous a plu et vous souhaite à tous un merveilleux samedi!