Wednesday, May 27, 2020

Cinema | Recommandations cinématographiques #7

Bonjour, bonsoir à toutes et tous, j'espère que vous allez bien! La semaine dernière je vous apprenais que j'étais à la campagne pendant le confinement et que j'avais décidé d'y rester encore un peu. J'y suis donc toujours avec une liste de choses à faire qui se rallonge de jour en jour. 

Aujourd'hui je m'accorde le temps de vous parlez de cinq coups de coeur cinématographiques, tous distincts les uns des autres avec du fantastique, de la comédie, de l'horreur et un documentaire.

Au programme : 1 film italo-franco-britannique, 2 films français, 1 film espagnol et 1 film américain.

20/03/2020 : Tale of tales de Matteo Garrone (2015).

Inspiré du livre éponyme de Giambattista Basile qui regroupe une cinquantaine de contes, Tale of tales a fait parlé de lui aussi bien en mal qu'en bien

La raison principale pour laquelle Matteo Garrone a choisi d'adapter ce recueil c'est pour ce mélange si particulier entre réel et fantastique, mélange qui l'a toujours inspiré et qui se trouve au coeur de sa démarche artistique. 

L'autre raison a été son attrait pour l'exploration faite sur les opposés dans les différents récits. En effet, on retrouve dans les contes toute une série d'antonymes comme l’ordinaire et l’extraordinaire, le magique et le quotidien, le royal et l’obscène, le simple et l’artificiel, le sublime et le sale, le terrible et le tendre, des bribes de mythologie et des torrents de sagesse populaire.

Comme la matière de base était dense, le réalisateur italien a décidé de s'intéresser à trois contes seulement et de les relier entre eux. Il s'agit de raconter les histoires de trois femmes d'âge différent et d'explorer des thèmes comme le désir de jeunesse éternelle, la maternité et l'indépendance. 

Si les avis par rapport à ce film sont contrastés et que la critique s'est divisée, je dois dire que c'est assez compréhensible tant il s'agit d'une oeuvre singulière et expérimentale.

Expérimentale par l'univers général, par l'ambiance entre l'horreur et le surnaturel, par sa construction narrative ou encore par son casting international. 

Ainsi, on retrouve des acteurs américains, face à des britanniques en passant par des français. Leur lien étant qu'ils s'expriment tous en anglais pour une certaine cohérence et notamment pour toucher un public plus large. 

Beaucoup d'informations donc pour un seul et même film et pourtant! Mon impression finale est que j'ai été absolument subjuguée et comblée par Tale of Tales.

En effet, il fait partie de ces films dont je suis certaine de revoir avec le même plaisir et surtout avec la même curiosité. 

Visuellement il est fabuleux, moralement il est passionnant, fonctionnellement il est prenant. 

Que ce soit les costumes, les coiffures, les maquillages, les décors, la lumière, c'est un véritable plaisir pour les yeux. On ne cesse d'être éblouis par chaque détail, on est plongés directement au coeur de l'histoire et de ce monde inventé.

Pour toutes les personnes avides d'un cinéma loin de ce qui nous ai proposé aujourd'hui, pour toutes celles et ceux qui ont envie de grand spectacle, je vous recommande ce film.

C'est un coup de coeur!


Anecdote :
Le livre original aura eu un impact important sur la culture populaire puisque des auteurs comme Charles Perrault ou les Frères Grimm se sont largement inspirés de ces écrits pour rédiger leurs propres oeuvres. Certaines sagas littéraires telles que Le Seigneur des Anneaux et Harry Potter s'en inspirent également très fortement.

30/03/2020 : Ma femme est une actrice d'Yvan Attal (2001).

Je vous avais déjà parlé d'Yvan Attal sur le blog. Une première fois dans un article cinéma de Mars 2019 où je vous donnais mon avis sur Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (2004) et une deuxième fois dans un article cinéma de Décembre 2019 où je vous partageais ma critique de Mon chien Stupide (2019).

Le point commun entre ces trois films ce sont les personnages principaux qui sont interprétés par Yvan Attal lui-même et sa femme dans la vie soit Charlotte Gainsbourg.

Ma femme est une actrice est son premier long-métrage et marque le début du duo en tant que couple à l'écran comme à la ville. S'est-il inspiré de leur vie commune? Quelle est la part du vrai, du faux? Toutes ces interrogations participent évidemment à l'attrait qu'on peut avoir pour cette "trilogie". 

Ayant apprécié aussi bien Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants que Mon chien Stupide, j'étais curieuse d'enfin découvrir cette première proposition.

Tout comme les deux autres films, Yvan Attal explore des sujets comme la vie de couple, la possession, la jalousie. 

Ici cependant, il s'agit d'exploiter le métier de sa femme qui est actrice et d'en partager tous les avantages et les désavantages de cette profession qui fait rêver la plupart des gens.

J'ai trouvé, comme d'habitude, que le scénario était maitrisé, les dialogues bien écrits, naturels, rythmés. Je suis notamment assez sensible à l'humour du cinéaste et à ses questionnements. 

C'est léger mais intelligent et mature, cocasse parfois, émouvant  et délicat aussi.

En bref, j'ai passé un agréable moment et j'ai beaucoup ri!

Anecdote : 
En 1997, Yvan Attal avait signé un court métrage sur le même sujet. Il s'agissait de I got a woman qu'on pourrait qualifier du préfilm de Ma femme est une actrice dans la mesure où la séquence qui constituait le court métrage a été reprise in extenso dans le long métrage.

03/04/2020 : Les pépites de Xavier de Lauzanne (2016).

En 2005, Xavier de Lauzanne avait réalisé un documentaire pour France 5 autour du couple Christian/Marie-France et la décharge. Depuis, il avait gardé l'envie de développer un projet d'une plus longue durée autour de ce couple et de cette histoire. Les pépites est le résultat de ce désir.

Naviguant entre les images d'archives qu'il a recueillies (celles tournées par Christian depuis son arrivée au Cambodge) et celles qu'il a réalisées lui-même, le cinéaste nous propose de la matière enrichissante sur tous les points de vue : les images d'archives nous permettant de visualiser la situation antérieure, le point de départ, et celles d'aujourd'hui nous montrant l'état actuel, l'évolution. 

Ce parallèle entre passé et présent est très puissant puisqu'il véhicule en grande partie l'émotion ressentie face à ce récit inspirant. 

De ce fait, c'est d'abord par l'image que les sensations nous sont transmises, puis par le son, les voix que l'on éprouve toute une palette de sentiments que ce soit la joie, la tristesse, la colère, la honte ou bien l'admiration.

Sans trop vous en révéler, c'est une histoire d'une beauté et d'une humilité rare qui est à la fois instructive et pertinente dans tout ce qu'elle révèle.

Je ne peux que vous recommander de découvrir ce documentaire à votre tour et le plus rapidement possible!

Anecdote : 
Xavier de Lauzanne a travaillé avec des techniciens cambodgiens. Christian avait, il y a quelques années, monté un centre de formation aux métiers du cinéma au Cambodge. Le metteur en scène confie : "Tous mes films ont été très difficiles à financer, celui-là n’allait pas déroger à cette règle, mais là, je savais que je pouvais compter sur l’appui en matériel et en compétences de l’école. J’ai donc tout de suite collaboré avec les élèves et les enseignants, surtout qu’il s’agissait, en plus, de raconter leur propre histoire. Et réaliser ensemble ce film, c’était aussi une manière d’être directement connecté aux activités de jeunes Cambodgiens."



10/04/2020 : La plateforme de Galder Gaztelu-Urrutia (2020).

Comme tout le monde en parlait sur les réseaux sociaux, j'ai jugé important de voir ce film espagnol sans même savoir de quoi il s'agissait précisément.

Rapidement, je me suis laissée emportée par le concept du film qu'on sent parfaitement élaboré. À la fois dérangée et subjuguée par ce que je voyais, je suis restée cramponnée au canapé sur lequel j'étais assise avec cette sensation mitigée de peur et de fascination.

La plateforme est développé avec une précision et une efficacité presque intimidante. On ne cesse d'être balancé(e) entre le sentiment d'être persuadé(e) de tout comprendre et celle d'être totalement perdu(e). 

Les décors ainsi que la mise-en-scène bien que minimalistes participent grandement à l'ambiance générale, étouffante et mystérieuse. 

Tout en métaphores plus ou moins subtiles, ce film est la preuve que malgré un budget restreint, on peut créer si on a de bonnes idées. D'autre part il montre aussi qu'il est possible de parler de politique et de psychologie sans être forcément moralisateur.

La fin est marquante par son ouverture. Libre à nous de choisir notre interprétation malgré les diverses théories et réponses apportées par Internet. Cela en frustrera certains, cela en ravira d'autres. Dans tous les cas, c'est une oeuvre qui interpelle. 

La Plateforme fait réfléchir pour sûr et n'a pas peur de provoquer des émotions variées aussi. En résumé, il m'a bien plu et c'est donc pour cela que j'ai décidé de vous en parler aujourd'hui.

Dans le même genre je vous conseille notamment Snowpiercer de Bong Joon-Ho (2013) dont je vous avais parlé dans un article cinéma d'Août 2018.


13/04/2020 : Fleur de cactus de Gene Saks (1969).

Ce film fait partie des classiques de Quentin Tarantino et maintenant que je l'ai vu, je comprends tout à fait pourquoi.

Adaptée d'une pièce de théâtre française écrite par Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy, Fleur de cactus est une comédie de boulevard représentée pour la première fois le 23 septembre 1964.

Comme un vaudeville qui se respecte, l'intrigue repose sur un tissu de mensonges qui ne fait que s'amplifier au fur et à mesure que l'action progresse. Cela donne alors lieu à de nombreux quiproquos tous plus hilarants les uns des autres. 

Le rythme est prenant, tout fourmille de bonnes idée, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas une seconde, emportés par les nombreux rebondissements. 

Mise à part l'écriture brillante, il y a aussi et surtout un casting au top de sa forme. Avec une Ingrid Bergman surprenante dans le registre comique et une Goldie Hawn adorable dans un premier rôle qui lui va à ravir.

D'autre part j'ai aussi beaucoup aimé les costumes, surtout ceux portés par Goldie Hawn. 

Ludique et divertissant, Fleur de cactus regorge d'inventivité et d'humour décalé pour le plus grand plaisir du spectateur!



Sinon voici la liste de tous les autres films que j'ai vu entre le 20 mars et le 15 avril : Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont (2013), Logan Lucky de Steven Soderbergh (2017), Raoul Taburin de Pierre Godeau (2019), Le coup de parapluie de Gérard Oury (1980), La moutarde me monte au nez de Claude Zidi (1974), Happy Sweden de Ruben Östlund (2009), Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu (2005), Uncut Gems de Joshua et Ben Safdie (2020), Un sac de billes de Christian Duguay (2017), Le grand blond avec une chaussure noire d'Yves Robert (1972), L'Anglais qui gravit une colline et descendit une montagne de Christopher Monger (1995), Irrésistible Alfie de Charles Shyer (2004), At Eternity's Gate de Julian Schnabel (2019), Romance sur le lac de John Irvin (1995), A million little pieces de Sam Taylor-Johnson (2020), La belle et le clochard de Charlie Bean (2020), Love Wedding Repeat de Dean Craig (2020), Baby Boss de Tom McGrath et Les Trolls 2 : Tournée mondiale de Walt Dohrn et David P. Smith (2020).


Sur ce, j'espère que cet article vous a plu et intéressé. Je vous retrouve très vite avec la suite de mes coups de coeur cinématographiques. En attendant, je vous souhaite à tous une merveilleuse matinée, après-midi, soirée, nuit! 

Sunday, May 24, 2020

Music | Top 5 songs (April 2020)

Bonjour, bonsoir à toutes et tous, j'espère que vous allez bien! Aujourd'hui je partage avec vous mon top 5 chansons du mois d'avril.

Il s'agit d'une sélection assez variée avec des titres datant pour le plus ancien de 1968 et pour le plus récent de 1998. Le thème qui les relie étant la reprise, le sample (deux exercices chers à mon coeur).

Bonne écoute à toutes et tous!

Love Like This de Faith Evans (1998) : 
Si vous suivez mon blog, vous connaissez mon amour pour le sampling et ma quête constante de découvrir toutes les possibilités que cet outil offre. 

Ce premier morceau que je partage avec vous est justement construit autour d'un sample mis en boucle du titre "Chic Cheer" du groupe Chic.

En extrayant cette instru composée 20 ans auparavant, Love Like This nous donne immédiatement envie de nous déhancher avec ce rythme dansant et cette basse qui fait bien plaisir.

Se classant dans le top 40 en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, 7ème du Billboard Hot 100 et 2ème du Hot R&B Singles & Tracks, ce titre est le plus grand succès de Faith Evans. 

Tout comme la chanson, le clip est un petit bijou à lui tout seul. Ultra coloré avec des personnes qui font du roller dans une pièce aux rideaux réfléchissants, les cheveux rouges de Faith Evans et ses tenues tape-à-l'oeil, il a été réalisé par Hype Williams (qui a aussi signé plusieurs clips pour le Wu-Tang Clan, Mary J. Blidge, The Notorious B.I.G., Missy Elliott, Nas etc...).  

4min15 de bonheur pour mes oreilles tout simplement!

Et parce que le morceau est si addictif, il a été samplé à son tour par  Fatman Scoop dans "Be Faithful" initialement sorti en 1999 puis une seconde fois en 2003 (je vous recommande de jeter un oeil au clip qui est inoubliable à la fois dans le bon et le mauvais sens hahaha).

Clair - The Singers Unlimited (1994) : 

On continue avec les histoires de reprises et de samples avec cette chanson qui a une longue histoire. 

Sortie en 1972, Clair est une chanson écrite, composée et interprétée par le chanteur irlandais Gilbert O'Sullivan. Son succès est tel qu'il la conduit en tête des ventes de singles dans plusieurs pays.

Le titre (Clair) fait référence à Clair Mills, alors âgée de trois ans. Cette dernière est la fille de Gordon Mills qui s'avère être le producteur et manager de Gilbert O'Sullivan. Le chanteur, qui avait l'habitude de garder régulièrement la petite fille, a déclaré avoir écrit la chanson non pour elle mais pour ses parents, comme une marque de gratitude envers eux.

Ce que je vous propose aujourd'hui c'est la reprise du groupe The Singers Unlimited qui est sortie 22 ans après la version originale et que j'ai découvert, il me semble, par hasard sur Youtube.

Si je la préfère c'est tout simplement parce que j'adore les choeurs et je trouve qu'elle a une dimension plus rêveuse et enchanteresse qui me met dans une humeur des plus joyeuses.

L'histoire de ce morceau ne se termine pas en 1994 puisqu'après The Singers Unlimited, c'est au tour de Laurent Voulzy de reprendre la chanson de Gilbert O'Sullivan en 2006 sur son album La Septième Vague.

Enfin, on peut retrouver des samples de Clair dans les titres suivants : Players de Slum Village (2000), F.I.L.O. de Nujabes et Shing02 (2003), A tribute to Dilla de J.Rawls (2006), Want you still de The Jet Age of Tomorrow feat. Kilo Kish (2011) et  Upgrade de Logic (2015).

Un sacré chemin pour un simple titre sur une petite fille!

Nega Maluca / Billie Jean / Eleanor Rigby - Caetano Veloso (1986) :

C'est d'abord grâce au film Parle avec elle de Pedro Almodovar (2002) et plus précisément lors d'une des plus belles séquences musicales du cinéma que j'ai découvert Caetano Veloso.

C'est ensuite en 2018, lors du grand final de l'Eurovision, où il a chanté aux côtés de Salvador Sobral (que j'adore et dont je vous ai déjà parlé dans mon article musique de mai 2018) que je l'ai re-découvert et que je me suis intéressée plus en détails à sa musique.

À ma plus grande joie, sa discographie est si prolifique qu'il m'est encore possible de découvrir des pépites.

Celle que je vous propose est issue d'un album acoustique enregistré en dix jours à New York pour le label Nonesuch Records. Ce disque est celui intitulé Caetano Veloso (1986) dans lequel sont repris en formule guitare-voix-percussions des morceaux d'albums précédents, dont ce medley qui mêle en un titre trois classiques :
1. La samba de carnaval Nega Maluca de Fernando Lobo et Evaldo Ruy (1950).
2. Billie Jean de Michael Jackson (1982).
3. Eleanor Rigby des Beatles (1966).

Le point commun de ses trois chansons? Les paroles qui racontent presque la même histoire, celle de femmes seules. 

Je ne me lasse pas de ce "triple titre" depuis un mois. Il me berce, m'emporte loin dans les nuages : une sensation douce et agréable que je ne suis pas prête de laisser de côté.



High steppin' hip dressin' fella - Love Unlimited (1979) :

Pour celles et ceux qui l'ignorent (comme moi avant d'écrire cet article), Barry White a été producteur avant d'être le grand chanteur que nous connaissons et le groupe Love Unlimited est un trio féminin qu'il a justement pris sous son aile.

En 1969, Mr White découvre donc Diane Taylor, Linda et Glodean James (sa future femme). En 1972, elles sortent un premier single "Walking in the Rain with the One I Love" qui connaît un grand succès.

Si High steppin' hip dressin' fella n'est pas le tube de leur carrière (le seul morceau se classant numéro 1 étant I belong to you), il est celui qui est le plus à mon goût.

Ce qui me plait c'est qu'on retrouve la même énergie que la musique de Barry White que j'affectionne tant (je pense, par exemple, au titre "It's Ecstasy When You Lay Down Next To Me").

Il y a ce côté "marche avant" comme si on était dans un train à vive allure, en direction d'une destination inconnue. Personnellement je la trouve très entrainante et motivante. Je l'ai récemment écouté en faisant du vélo sous le soleil en montée et je peux vous affirmer que cela m'a beaucoup aidé!

Bon sinon, ce titre a évidemment été samplé et plus d'une fois! Tout d'abord en 1999 dans Soulista d'Irene Lamedica et Do You de A.G.feat. Party Arty and D Flow , puis en 2002 dans High Steppin' de DJ Vou, en 2005 dans Lesson 3 (MC) d'Epik High, en 2007 dans Recognize de Soulstice, en 2019 dans Together de J.B. Boogie et enfin en 2020 dans Dress 2 Impress de Marvelous Mosell.

Hushabye Mountain - Bobbie Gentry (1968) :

Originellement, "Hushabye Mountain" est une ballade qui est chantée par Dick Van Dyke dans le film Chitty Chitty Bang Bang de Albert R. Broccoli (1968) - que j'avoue ne pas avoir vu mais que j'ai envie de voir dans un futur plus ou moins proche -. La même année, la chanson a été reprise par Bobbie Gentry et personnellement c'est la version que je préfère.

Ce que je trouve intéressant avec ce titre c'est qu'il en existe plein de variantes dont une qui figure dans War of Worlds de Steven Spielberg (2005) où Tom Cruise la chante à Dakota Fanning.

Autrement qu'au cinéma, "Hushabye Mountain" a notamment été chantée par Wendy Craig en 1971 dans un album pour enfants, par Stacey Kent dans son album Dreamsville (2001), par David Gilmour en version acoustique lors de performances en solo en 2001-2, par Hayley Westenra dans l'album Hushabye (2013), par Pink Martini dans l'album Dream a Little Dream (2014), par Alexander Armstrong dans son album A Year of Songs (2015), par Jason Manford dans son album A Different Stage (2017) et par Shulem Lemmer dans son album The Perfect Dream (2019).

Enfin en 2006, le violonceliste britanique Julian Lloyd Webber a lui aussi enregistré la chanson pour son album Unexpected Songs.

Bref, vous l'aurez compris c'est un morceau très populaire dans le milieu de la musique et pourtant, je ne le connaissais pas encore. Il n'est jamais trop tard cependant et maintenant que je l'ai découvert je l'écoute en boucle.

Comme une ballade qui se respecte, ce titre m'apaise et me fait voyager. Je comprends tout à fait sa popularité et l'apprécie sûrement pour son côté très cinématographique.


Voici donc pour cette sélection du mois d'Avril. J'espère que les cinq morceaux vous ont plu et je vous souhaite à tous une très bonne soirée / journée!


Tuesday, May 12, 2020

Cinema | Recommandations cinématographiques #6

Bonjour, bonsoir à toutes et tous, j'espère que vous allez bien! Après presque deux mois, le confinement est terminé! Même si Paris me manque beaucoup (je suis actuellement à la campagne), j'ai décidé de rester seule où je suis parce que j'y vis bien, tout simplement. J'ai d'ailleurs été si occupée pendant ces "vacances obligatoires" que le dernier article cinéma que j'ai écrit remonte à cinq semaines... 

Aujourd'hui je me suis donc dit qu'il fallait que je continue de vous parler de mes coups de coeur du mois de Mars (il serait temps haha). 

Si j'ai vu les trois premiers films au cinéma, j'ai vu les deux derniers grâce à Netflix pour l'un et OCS pour l'autre. Ces deux films sont d'ailleurs les deux premiers que j'ai vu en étant confinée. Voilà voilà ^^

Au programme : 2 films américain, 1 franco-tunisien, 1 film allemand et 1 film irlandais.

03/03/2020 : Dark Waters de Todd Haynes.

Le premier film que j'ai vu de Todd Haynes était Loin du paradis (2002) avec Julianne Moore et Dennis Quaid que j'avais adoré. Puis, quelques années plus tard, j'ai découvert la mini-série Mildred Pierce (2011) avec Kate Winslet et Evan Rachel Wood et j'ai, de nouveau, été absolument comblée par l'univers du réalisateur et sa manière de filmer si bien les femmes. Ensuite est sorti Carol (2015) et je me souviens très bien qu'en sortant de la salle j'étais très agacée et plutôt très déçue. Enfin, même si Le musée des merveilles (2017) - dont je vous avais parlé ici - ne m'a pas complètement emportée, il m'a laissé un meilleur souvenir que Carol.

Quand j'ai vu la bande-annonce de Dark Waters j'ai été, comme tout le monde, assez surprise de découvrir que le film était signé Todd Haynes. Lui qui est connu pour ses histoires d'amour, ce détour par le drame historique était pour le moins déroutant.

Il doit ce virage dans le réalisme à Mark Ruffalo et à la société de production Participant qui lui ont proposé le projet, un an après que l’article de Nathaniel Rich ait été publié dans le New York Times Magazine. 

Au final, une fois le film vu, on comprend mieux pourquoi le cinéaste a été emballé par cette affaire. En effet, on retrouve ses thèmes de prédilection comme la mélancolie, le bouleversement des convenances, la détermination, la justice... 

D'autre part, ce n'est pas compliqué non plus de saisir en quoi cette histoire a aussi bien intéressé l'acteur. On ne le retrouve plus sous les traits du monstre vert (Hulk) mais sous ceux de Robert Billott, avocat de Cincinnati (toujours vivant et bien réel) et s'il s'agit notamment de "défendre les gentils et battre les méchants", ici c'est sans super pouvoirs incroyables, si ce n'est la patience. On suit ainsi cet homme sur plus de vingt ans et on l'observe, on le soutient dans son combat.

Aussi bien Ruffalo que Haynes nous prouvent qu'ils n'ont pas besoin d'artifices pour nous en mettre plein la vue et attirer toute notre attention. Personnellement, j'étais cramponnée à mon siège comme si j'attendais un tremblement de terre. Je n'ai pas décrochée une minute du spectacle qui m'étais donné de voir, subjuguée par la prouesse de l'acteur tout comme celle du réalisateur.

J'ai été déconcertée par l'humilité et l'humanité qui se dégage de ce biopic, j'ai été bouleversée par le refus du sensationnel et tous les choix de mise-en-scène en général.

Je ne m'attendais pas à être aussi impressionnée par Dark Waters et pourtant! Merci à mon amie Adèle qui m'a convaincue de me précipiter en salles avant de le rater sur grand écran.


Anecdote : Le film a été tourné en décors naturels à Cincinnati et en Virginie-Occidentale, et le plus souvent par un hiver très rigoureux. Le metteur en scène a pu filmer sur les lieux mêmes de l'action et intégrer au casting des comédiens non-professionnels recrutés sur place.

05/03/2020 : Un fils de Mehdi M. Barsaoui.

Un fils est typiquement le film que je ne serais pas aller voir par moi-même. Heureusement pour moi, j'ai été invitée par Sens Critique pour une Cinexpérience (avant-première à l'aveugle) et j'ai eu le plaisir de le découvrir avant sa sortie. 

Si l'histoire, par ces divers sujets épineux (entre autres les attentats terroristes, le don et le trafic d'organes), aurait pu aisément tomber dans les clichés, il déborde d'intelligence et de sensibilité. 

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un film d'action ou d'un thriller au budget ahurissant, c'est une histoire dont le suspens est parfaitement maintenu et dont on a du mal à sortir indemne. 

Démarrant sur une séquence joyeuse qui nous dévie d'abord avec subtilité de ce qui nous attend par la suite, le récit bascule brusquement dans le drame et quel drame! 

Brillamment écrit, Un fils est une oeuvre qui transperce par sa bravoure, sa justesse et sa véracité. Les interrogations sur la filiation (cf. le titre) et les liens du sang sont d'une pertinence rare, le politique se mêle au social, l'intime à la morale.

Par ailleurs, la sobriété de la mise-en-scène qui nous plonge au plus près des personnages à l'aide d'une caméra à l'épaule permet d'appréhender leurs émotions et de ressentir leur douleur en complète adéquation.

Enfin, on est aussi et surtout bousculés par les acteurs qui sont, eux aussi, pour beaucoup à la réussite du film. D'une part il y a Najla Ben Abdallah pour qui on ne peut s'empêcher d'avoir une grande empathie et de l'autre il y a Sami Bouajila (qui a obtenu le prix d'interprétation masculine au Festival de Venise pour son rôle) pour qui il est impossible de ne pas avoir de l'admiration. À eux deux ils forment un couple, une mère et un père, à qui l'inenvisageable va arriver.

Je suis loin d'être une spécialiste en ce qui concerne le cinéma tunisien néanmoins cette oeuvre m'a totalement bouleversée et je ne peux que vous la conseiller. 

06/03/2020 : Lara Jenkins de Jan-Ole Gerster.

En cherchant quel film je pourrais aller voir au cinéma, je tombe sur cette affiche et ce titre qui, je ne saurais l'expliquer pourquoi, m'intrigue. Ayant le sentiment que j'allais assister à un film intéressant, je n'ai pas hésité longtemps avant de sortir de chez moi.

Il faut savoir (je l'ignorais avant d'écrire cette critique) que le scénario de Lara Jenkins a été écrit par Blaz Kutin plus de dix ans avant que le film ne voit le jour. Ayant fait partie du Torino Film Lab, le script remporte un prix d’un Fonds culturel de l’Union Européenne et c'est ainsi qu'il est parvenu aux oreilles de Jan-Ole Gerster qui a demandé à le lire.

Se déroulant sur une journée complète, Lara Jenkins est une oeuvre qui, de prime abord, semble tout ce qui a de plus banale. Il s'agit cependant de retranscrire le destin d'une femme à travers divers "petits" faits qui, assemblés, donnent lieu à un récit des plus passionnant.

Passionnant par l'implication des acteurs et leur génie d'interprétation, passionnant par son soucis du détail, sa rigueur, son authenticité. 

Même si tout nous pousse à la haïr, malgré sa froideur et l'antipathie de la femme qu'elle joue, Corinna Harfouch nous déstabilise et réussit, haut la main, à nous émouvoir. C'est l'une des qualités majeures du film et notamment la raison pour laquelle je l'ai autant apprécié.

À tous les adeptes de piano ou de musique comme moi, aux querelles familiales et aux non-dits, c'est une oeuvre qu'il ne faut pas rater.

Anecdotes : 

1. À l'origine, l’histoire se passait à Ljubljana qui est la capitale de la Slovénie. Le cinéaste a décidé de déplacer l'intrigue en Allemagne.

2. L’un des films qui a inspiré le réalisateur est Sonate d’automne d’Ingmar Bergman, pour le personnage de mère pianiste et narcissique. Corinna Harfouch, qui joue Lara Jenkins, a d’ailleurs joué dans une adaptation théâtrale de ce drame. Le réalisateur raconte : « c’est en la voyant au théâtre qu’est né le désir de travailler avec elle. Elle jouait Arkadina dans La Mouette, de Tchekhov, un autre personnage de mère narcissique qui rudoie son fils. Quand j’ai lu le scénario de Lara Jenkins, deux ou trois ans plus tard, cela m’a paru évident qu’il était pour elle. Si elle avait refusé, je crois que j’aurais renoncé au film ».

17/03/2020 : Invincible d'Angelina Jolie (2014).

Deuxième long-métrage pour l'actrice-réalisatrice, Invincible est un film qui se base sur le best-seller Unbroken: A World War II Story of Survival, Resilience, and Redemption (2010) de Laura Hillenbrand, dont l'histoire retrace la vie du célèbre champion olympique et héros de guerre, Louis Zamperini.

L'élaboration de ce projet commence en 1957 lorsque les Studios Universal achètent les droits de l'histoire de Louis Zamperini dans l'espoir de pouvoir développer le projet avec Tony Curtis. Quelques années plus tard, Nicolas Cage manifeste à son tour son intérêt pour cette histoire. L'adaptation cinématographique voit enfin le jour suite au succès du livre.

Cela faisait un moment qu'Invincible était sur ma liste d'envies sur Netflix et c'est avec beaucoup d'admiration et d'enthousiasme que je vous en parle aujourd'hui. 

N'ayant ni vu la bande-annonce, ni lu le synopsis, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et j'ignorais d'ailleurs qu'il s'agissait d'une histoire vraie avant d'appuyer sur lecture. 

Immédiatement j'ai été emportée par le feu de l'action avec cette scène d'ouverture en avion et même si en termes de réalisation on reste dans quelque chose d'assez classique, je dois dire que le résultat est convaincant. Plusieurs séquences m'ont marquée et resteront bien gravées dans ma mémoire comme les 47 jours de survie au milieu de l'océan ou encore les diverses punitions sadiques attribuées au héros.

J'imagine que si le film n'avait pas été réalisé par Angelina Jolie il aurait été totalement différent et c'est sûrement grâce à sa sensibilité et son regard qu'Invincible est mémorable. 

En effet, plutôt que de choisir la facilité en reposant sur le spectaculaire de cette histoire, elle a choisit de se pencher sur les relations humaines en mettant l'accent sur des sujets comme la fraternité, la persévérance, la jalousie etc...

Enfin, pour ce qui est du casting, c'est aussi un sans fautes. Si je ne connaissais pas l'acteur principal Jack O'Connell ni l'acteur-chanteur japonais MIYAVI (qui interprète à merveille le rôle du méchant), j'étais ravie de voir regrouper Finn Wittrock (American Horror Story de Ryan Murphy), Domhnall Gleeson () et Garrett Hedlung (Sur la route de Walter Salles) qui sont trois acteurs que j'aime énormément. 

En bref, j'ai passé un bon moment devant Invincible et je le recommande à tous les amateurs de films de guerre qui n'ont pas peur de prendre le temps de vraiment s'intéresser à l'état d'esprit de ses personnages.


Anecdotes :

1. Avant que Joel et Ethan Coen ne rédigent le scénario final d'Invincible, une première version avait été écrite par William Nicholson (coscénariste de Gladiator réalisé par Ridley Scott) et Richard LaGravenese (scénariste du film Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh).

2. Angelina Jolie et son chef opérateur Roger Deakins se sont inspirés de La Colline des hommes perdus de Sydney Lumet (1965) pour proposer des scènes de tortures physiques et psychologiques les plus intenses possibles. 

3. Angelina Jolie et Louis Zamperini étaient voisins à Los Angeles. Ils se connaissaient donc déjà avant de travailler ensemble sur le projet, et l’ancien athlète avait une totale confiance en la réalisatrice : "Angelina est devenue une personne importante dans ma vie. Elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle fait et je lui fais confiance à 100 %. Je suis persuadé qu’Invincible sera un film formidable", a-t-il expliqué. 

4. Louis Zamperini aura vécu juste assez longtemps pour être la première personne à voir le film Invincible, aux côtés d'Angelina Jolie, puisqu'il est décédé le 2 juillet 2014, à l'âge de 97 ans.

19/03/2020 : Once de John Carney (2007).

J'avais le souvenir qu'après avoir vu New York Melody (Begin Again) de John Carney, mon amie Raphaëlle m'avait parlé de Once. Ce que j'ignorais c'est qu'elle avait vu la pièce à Broadway et non pas le film. 

Disponible sur OCS, j'ai décidé de le voir sans savoir de quoi il s'agissait exactement si ce n'est que ce serait un film musical. 

Tout d'abord j'ai eu très très peur parce qu'en ce qui concerne l'image on est vraiment loin d'une qualité maximale. En effet, ayant été tourné en seulement deux semaines et avec un budget minime, Once ressemble davantage à un projet étudiant destiné à être vu uniquement par les proches de ses créateurs et non pas par un large public.

Faisant jadis partie du groupe The Frames dont le leader n'est autre que Glen Hansard, l'acteur principal du film, John Carney était premièrement musicien avant de se lancer à la réalisation. Et c'est d'ailleurs à l'image des héros du films que l'équipe de Once était tout simplement composée d'une simple bande d'amis.

Cet esprit "fait maison" est au final tout ce qui fait la force de cette oeuvre. On suit cet homme et cette femme que le destin met sur le même chemin et on ne se lasse pas de les écouter chanter. Avec eux, on poursuit cette envie de se retrouver pour faire de la musique, de l'enregistrer et de la partager. 

En passant outre la photographie, ce qu'on retient de ce film c'est ce désir de créer, ce plaisir d'être ensemble et de profiter de chaque instant comme si notre vie en dépendait. 

Il y a beaucoup d'amour, de la passion évidement, de la poésie et surtout du bonheur à l'état pur. 

Cela m'a aussi donné envie de retourner à Dublin, ville de la musique live où j'avais eu le plaisir de me rendre en 2014 et dont on retrouve totalement l'ambiance accueillante dans le film.

Et si vous n'avez pas envie de chanter à votre tour en choeur avec eux (comme ma mère et moi l'avons fait pendant le générique de fin), c'est que nous n'avons vraiment pas les mêmes valeurs hahaha.

Anecdotes : 

1. Encensé par la critique, Once a gagné le prix du public au festival de Sundance. 

2. Il a été salué par Steven Spielberg, qui a déclaré : "Ce petit film m'a enthousiasmé pour le reste de l'année !". 



Sur ces mots, j'espère que cette sélection de 5 coups de coeur cinématographiques vous a plu! 

Je vous souhaite à tous une bonne fin (ou début) de journée. Quant à moi je vais aller m'installer tranquillement devant ma télé avec du popcorn pour voir (une énième fois) Harry Potter et l'Ordre du Phénix de David Yates. 


Les autres films que j'ai vu entre 1er et le 19 mars sont : On l'appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti (2016), Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes de Rodolphe Marconi (2020), Super 8 de J.J. Abrams (2011), La fille au bracelet de Stéphane Demoustier (2020), Mes jours de gloire d'Antoine de Bary (2020), Wet Season d'Anthony Chen (2020), Une sirène à Paris de Mathias Malzieu (2020), Deux de Filippo Meneghetti (2020), While We're Young de Noah Baumbach (2015) et Vanity Fair de Mira Nair (2004).